Tu retrouves une photo d'il y a deux ou trois ans, et ta chevelure y a la même hauteur qu'aujourd'hui. Tu en conclus que tes cheveux ne poussent pas. Cette conclusion est fausse, et elle coûte cher.
La question n'est pas de savoir si les cheveux crépus peuvent être longs. Ils le peuvent, et les coiffures traditionnelles de tout un continent en témoignent depuis longtemps. La vraie question est de savoir où part la longueur entre le moment où elle sort du cuir chevelu et le moment où on la mesure. Deux phénomènes sont en cause, et un seul des deux est un problème. Si tu veux la méthode complète en parallèle, les six étapes du Rituel Texture® sont réunies dans notre tutoriel pas à pas.
Le rétrécissement n'est pas une perte de longueur

Ma grand-mère a porté toute sa vie des cheveux très longs, toujours hydratés. Man Dol', mon arrière-grand-mère, avait des cheveux crépus qui lui descendaient jusqu'en bas des reins. Personne, à la maison, ne s'est jamais demandé si c'était possible.
Ghana Elin, fondatriceUne fibre crépue s'enroule sur elle-même en séchant. Ce qui pendait le long du dos sous la douche remonte, se tasse, et se retrouve à hauteur d'épaule une heure plus tard. C'est spectaculaire, c'est déroutant quand on le découvre, et ce n'est absolument pas une perte : la longueur est là, entière, simplement repliée sur elle-même.
C'est même plutôt bon signe. Une fibre qui se rétracte est une fibre élastique, capable de reprendre sa forme. Un cheveu qui ne se rétracte plus, qui pend droit et mou, a souvent subi un dommage thermique ou chimique. Nous revenons sur ce phénomène dans pourquoi les cheveux crépus rétrécissent, et sur les manières de rendre la longueur visible au quotidien dans comment étirer les cheveux crépus.
La casse, elle, en est une
Le second phénomène coûte réellement de la longueur, et il est silencieux. Il tient à ce qu'une fibre enroulée subit chaque fois qu'on la manipule. Observées au microscope, les chevelures crépues portent des nœuds sur dix à seize pour cent de leurs tiges, contre une fraction de pour cent sur des cheveux lisses ou ondulés, et ces tiges montrent les traces de ruptures répétées (Khumalo et coll., Journal of the American Academy of Dermatology, 2000). Le cheveu pousse normalement au sommet, et il se rompt en chemin. Ce que l'on gagne en haut, on le perd en bas, et le résultat ne bouge pas d'une année sur l'autre. Pourquoi la fibre est bâtie ainsi, nous l'expliquons dans pourquoi avons-nous les cheveux crépus.
Le signe se lit dans le peigne, et il est sans appel. Un cheveu tombé naturellement porte à son extrémité un petit renflement plus clair, le bulbe. Un cheveu cassé n'en a pas : c'est un fragment, souvent court, parfois de deux ou trois centimètres. Si ton peigne ramène surtout des fragments sans bulbe, tu ne perds pas des cheveux, tu en casses.
La conséquence est importante pour la suite. La longueur se gagne par la rétention, c'est-à-dire par ce que l'on garde, et non par la vitesse à laquelle les cheveux poussent. Cette vitesse ne se commande pas, et aucun produit ne la modifie. Ce qui se commande, ce sont les quatre moments où la casse se produit.
Les quatre causes de casse
La sécheresse
C'est la cause de fond, et elle précède les trois autres. Une fibre qui manque d'eau devient rigide, et une fibre rigide casse au moindre geste, là où une fibre souple aurait plié. Cette sécheresse n'est pas un défaut d'entretien : elle tient à la forme du cheveu, et nous l'expliquons dans pourquoi les cheveux crépus sont souvent secs. Traiter ce seul point change déjà l'essentiel de ce qui se casse.
Le démêlage
C'est le moment où se produit le plus gros de la casse, et souvent en quelques minutes. Ce qui casse, ce n'est pas le cheveu sec : c'est le peigne passé sur un cheveu sec et sans produit, qui force sur chaque nœud au lieu de le défaire. Le Rituel Texture® ouvre au contraire par un démêlage aux doigts sur cheveux secs, le démêlage au doigt tchadien, et Le Peigne de Man Dol' n'intervient qu'ensuite, sur des cheveux gainés de masque, des pointes vers les racines. Le détail du geste est dans démêler sans casse, et ce qu'il change au toucher dans cheveux crépus doux et souples.
La nuit
Huit heures de frottement contre du coton ne se voient pas le lendemain matin. Elles se voient six mois plus tard, sur des pointes qui n'ont pas avancé. C'est la seule des quatre causes qui agit pendant que tu ne fais rien, et c'est aussi la plus facile à neutraliser : les longueurs rangées plutôt que libres, un foulard en soie, une taie d'oreiller en soie. Nos coiffures de nuit donnent le montage exact.
La tension
C'est la seule des quatre qui peut laisser des traces définitives, parce qu'elle ne s'arrête pas à la fibre. Une pose trop tendue tire sur le follicule lui-même, et la lisière frontale est la première à céder : c'est le mécanisme de l'alopécie de traction, relevé chez les femmes et les adolescentes qui portent de façon répétée tresses, nattes collées ou tissages (Khumalo et coll., Journal of the American Academy of Dermatology, 2008). Tant qu'il ne s'agit que d'une irritation, tout revient. Quand la zone est dégarnie depuis des mois, la repousse n'est plus garantie.
Sur les quatre causes, trois se rattrapent avec du temps. La quatrième, non : ce qui se perd à la lisière ne revient pas toujours.
Couper pour garder

Voici l'autre geste que l'on repousse, pour de bonnes raisons apparentes. Une fibre fendue ne se referme pas : la fente progresse vers le haut et abîme au passage du cheveu qui allait bien. Ne pas couper coûte donc plus de longueur que couper. Compte huit à douze semaines entre deux passages, en ne retirant que les pointes abîmées, et sur cheveux secs et étirés, parce que le rétrécissement rend toute évaluation trompeuse autrement. Tout cela est détaillé dans protéger les pointes des cheveux crépus.
Un mot sur l'outil, puisqu'il intervient à chaque routine. Le Peigne de Man Dol' est taillé à la main dans de la corne de buffle issue de la filière alimentaire, revalorisée par un artisan au Vietnam. Ses dents sont plus larges que celles des peignes d'autrefois, et sa surface glisse sans accrocher la fibre. C'est un détail qui se mesure sur un an.
Mesurer plutôt que regarder
Le miroir est un mauvais juge, parce que le rétrécissement masque les progrès autant que la casse. La seule mesure fiable consiste à prendre toujours la même mèche, au même endroit, à l'étirer mouillée le long d'une règle, et à noter le chiffre. Recommence tous les trois mois. Beaucoup de femmes découvrent à cette occasion qu'elles ont bien plus de longueur qu'elles ne le croyaient.
Les premiers signes arrivent avant la longueur, et ce sont eux qu'il faut guetter : moins de fragments dans le peigne, des pointes qui restent souples entre deux routines, un démêlage qui devient silencieux. Quand ces trois choses sont installées, la longueur suit, parce qu'elle cesse d'être reperdue. Nos conseils de rétention de longueur reprennent les gestes un par un.
Le piège des promesses de pousse
Aucune huile, aucun complément, aucun soin ne fait pousser plus vite un cheveu en bonne santé, et rien de sérieux ne permet d'affirmer le contraire. Les produits qui le promettent vendent de la rétention de longueur sous un autre nom. Pour les compléments alimentaires, demande l'avis d'un pharmacien avant d'en prendre.
Tes cheveux stagnent depuis des années ?
Une consultation en ligne sert surtout à cela : repérer lequel de ces quatre moments te coûte de la longueur, plutôt que de tout reprendre en même temps.
Réserver une consultationQuestions fréquentes
Les cheveux crépus poussent-ils moins vite ?
Jusqu'où les cheveux crépus peuvent-ils pousser ?
Les coiffures protectrices font-elles pousser ?
Pourquoi mes cheveux semblent-ils toujours de la même longueur ?
Aller plus loin
Sources
- Khumalo N. P. et coll., « What is normal black African hair? A light and scanning electron-microscopic study », Journal of the American Academy of Dermatology, 2000.
- Khumalo N. P. et coll., « Determinants of marginal traction alopecia in African girls and women », Journal of the American Academy of Dermatology, 2008.
- « Alopécie », Manuel MSD, édition professionnelle, section dermatologie : durée des phases du cycle pilaire et alopécie de traction.