Tu tires une mèche, elle touche ton épaule. Tu la relâches, elle remonte à hauteur d'oreille. Tu te demandes ce que tu as bien pu rater. Rien : ce que tu vois porte un nom, et c'est plutôt bon signe.
Encore faut-il savoir ce qu'il raconte, quand il vaut la peine de l'atténuer, et comment on s'y prend sans abîmer la fibre au passage. Une fibre souple et bien hydratée s'étire mieux et casse moins : notre tutoriel pas à pas détaille les six étapes du Rituel Texture®, dans l'ordre.
Ce qui se passe au contact de l'eau

Un cheveu crépu ne pousse pas droit. Il sort du cuir chevelu en décrivant une spirale très serrée, et le follicule lui-même est incurvé, ce qui donne à la section du cheveu une forme aplatie plutôt que ronde. La longueur réelle de la fibre est donc enroulée sur elle-même : elle existe, mais elle n'occupe pas de place verticale.
Quand l'eau arrive, la fibre l'absorbe et gonfle. Elle s'assouplit, s'allonge sous son propre poids, et la chevelure paraît soudain très longue sous la douche. Puis l'eau s'évapore. En perdant son eau sans tension pour la retenir, la fibre se rétracte et reprend exactement la forme que sa structure lui impose. Les spirales se resserrent, elles s'accrochent les unes aux autres, et la longueur visible fond de moitié ou davantage.
La classification de référence des formes de cheveu humain, établie à partir de mèches prélevées sur les cinq continents, décrit huit degrés de courbure continus, du cheveu parfaitement droit à la spirale la plus serrée (de la Mettrie et coll., Human Biology, 2007). Plus on va vers ce dernier degré, plus l'écart entre longueur étirée et longueur apparente est important. Ce n'est donc ni un défaut ni un accident : c'est la conséquence mécanique d'une géométrie.
Pourquoi c'est plutôt une bonne nouvelle
Un cheveu qui rétrécit est un cheveu qui a gardé son élasticité et son motif. C'est la raison pour laquelle nous regardons ce phénomène avec plutôt de la satisfaction au salon, et pourquoi son absence nous alerte davantage que sa présence.
Une fibre qui a subi des passages de fer répétés, un défrisage ou un lissage chimique rétrécit moins, parfois plus du tout. Elle a perdu une partie de sa forme, et cette perte-là ne revient pas : seule la repousse ramène le motif d'origine. Si tes cheveux rétrécissent nettement moins qu'il y a deux ans, la question à se poser n'est pas comment retrouver du volume, mais ce qui, dans ce que tu leur fais subir, a fini par les défriser sans que tu l'aies décidé.
Un cheveu qui ne rétrécit plus n'est pas un cheveu qui a poussé. C'est le plus souvent un cheveu qui a perdu sa forme.
Quand il vaut la peine de l'atténuer
Le rétrécissement devient gênant pour trois raisons, et seulement pour trois. La première est esthétique et parfaitement légitime : on a envie de voir sa longueur, de porter une coiffure qui tombe, de sentir ses cheveux bouger sur les épaules. La deuxième est technique : une natte, une tresse plaquée ou un chignon se réalisent mal sur une chevelure entièrement rétractée, parce que la mèche refuse de se laisser guider. La troisième est la plus concrète : sur des spirales très serrées et libres, les mèches s'enroulent les unes dans les autres et forment des nœuds qui cassent au démêlage suivant.
Cette dernière raison suffit à elle seule. Une chevelure crépue portée détachée et non étirée pendant plusieurs jours accumule des nœuds à un rythme que rien ne compense, et chacun d'eux est un point de rupture potentiel. L'étirement n'est donc pas un caprice esthétique : c'est une façon de limiter la casse.
Ce que fait le Rituel Texture®
Dans le Rituel Texture®, l'étirement n'est pas un traitement à part, ajouté après coup. Il est intégré à deux étapes. La première est l'étape 05, le séchage protecteur : La Crème Coiffante appliquée sur toute la longueur, puis un séchage au sèche-cheveux par petites mèches, des racines vers les pointes, en mouvements de rebond et toujours en mouvement. La fibre sèche sous tension, et elle sèche dans la forme qu'on lui donne. C'est là que se joue l'essentiel de l'étirement.
La seconde est l'étape 06, sceller l'hydratation : une dernière couche de Crème Coiffante, un passage du Peigne de Man Dol', puis une natte ou une vanille protectrice, que l'on défait ensuite pour coiffer. Le résultat n'est pas un cheveu lisse, et l'objectif n'est pas de faire disparaître le motif. On tend la spirale, on ne la casse pas. Les quatre façons de procéder sont détaillées dans notre article sur l'étirement des cheveux crépus.
Un mot sur le diffuseur, souvent cité comme la solution rapide quand le temps manque : il a été dessiné pour une boucle qui garde sa forme seule et ne tient pas la fibre crépue pendant qu'elle sèche. Il ne rend service que dans de rares cas, et notre position sur le sujet est détaillée ailleurs.
Les gestes entre deux routines
Entre deux routines complètes, l'étirement se maintient par le coiffage plutôt que par la chaleur. Les vanilles et les tresses posées sur une chevelure encore souple, puis défaites une fois sèches, donnent une ondulation allongée. Les bantu knots produisent une boucle plus ronde. Le banding, qui consiste à poser des élastiques souples le long de chaque section sans jamais serrer, étire sans mettre en forme et se pratique très bien la nuit.
La règle commune à ces trois gestes est la même : on les monte sur une fibre enduite de produit, jamais sur une fibre sèche et nue, et on ne tire pas pour gagner deux centimètres. La tension qui étire est une tension de maintien, pas une traction. Une mèche qu'on force finit par céder à la racine, et les contours sont les premiers à en payer le prix.
Ce que nous ne recommandons pas
- Le fer à lisser ou le brushing répété dans le seul but de voir sa longueur.
- Les élastiques fins ou serrés, qui marquent la fibre au lieu de la tenir.
- Tirer sur les sections pour gagner quelques centimètres.
- Étirer une chevelure sèche et sans produit, qui casse au premier passage.
Suivre sa vraie longueur
La longueur apparente est une mauvaise unité de mesure : elle varie avec l'humidité de la pièce, le produit utilisé et le coiffage de la veille. Pour savoir où tu en es, choisis une mèche repère, toujours la même, étire-la doucement sans forcer et note la mesure une fois par mois. Prends une photo au même endroit, dans la même lumière.
Ce que cette mesure révèle, presque toujours, c'est que le cheveu pousse. Ce qui manque, ce n'est pas la pousse, c'est la rétention : les pointes cassent au rythme où la racine progresse, et la longueur stagne. C'est exactement là que se joue le travail, et nos huit conseils de rétention de longueur détaillent quoi corriger en premier.
Un garçon de ma classe m'a dit un jour que ce que j'avais sur la tête, ce n'étaient pas mes cheveux, et que les miens étaient censés aller vers le haut. Cette phrase m'a mis une claque. Il n'y connaissait rien à la beauté, et pourtant il avait raison sur un point : je n'avais jamais vu mes cheveux dans leur forme. Le rétrécissement, c'est justement cette forme qui revient.
Ghana Elin, fondatriceTu as l'impression que tes cheveux ne poussent pas ?
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Réserver une consultationQuestions fréquentes
Le rétrécissement est-il mauvais pour les cheveux ?
Pourquoi mes cheveux rétrécissent-ils moins qu'avant ?
Peut-on supprimer complètement le rétrécissement ?
Les cheveux frisés rétrécissent-ils aussi ?
Aller plus loin
Sources
- de la Mettrie R., Saint-Léger D., Loussouarn G., Garcel A.-L., Porter C., Langaney A., « Shape Variability and Classification of Human Hair: A Worldwide Approach », Human Biology, vol. 79, n° 3, 2007.
- Robbins C. R., Chemical and Physical Behavior of Human Hair, Springer, 5e édition, 2012, chapitre sur le gonflement de la fibre par l'eau.