Vous avez fini par décrocher un rendez-vous, et vous passez les jours qui précèdent à vous demander dans quel état vous allez en ressortir. Faut-il venir les cheveux déjà démêlés ? Faut-il apporter ses propres produits ? Faut-il prévenir, au téléphone, que vos cheveux sont crépus ? Une femme aux cheveux lisses ne se pose aucune de ces questions avant un rendez-vous chez le coiffeur.
Elles disent pourtant quelque chose de simple : on ignore, tant qu'on ne s'est pas assise, si le salon saura faire. Or on peut le savoir bien avant. Un coiffeur formé à cette texture se reconnaît à des signes précis, et la plupart apparaissent avant le premier coup de peigne. Voici ce qu'il faut écouter au téléphone, ce qu'il faut regarder dans les premières minutes, les six questions qui trient très vite, et les cas où mieux vaut se lever. Pour les gestes que vous maîtrisez vous-même entre deux rendez-vous, notre guide gratuit détaille les six étapes du Rituel Texture®.
Adolescente, je n'ai jamais mis les pieds dans un salon. J'avais en tête ma mère, levée à trois heures du matin, obligée de se verser de l'eau sur la tête pour défaire ses tresses tant elles étaient serrées et brûlaient. Plus tard, dans mes ateliers, la même phrase revenait chez presque toutes les participantes : je rêverais d'aller chez le coiffeur comme tout le monde. Un bon coiffeur, pour moi, commence par vous laisser raconter votre histoire capillaire.
Ghana Elin, fondatriceÉtape 1Ce qui se joue au téléphone
Le premier appel en dit déjà beaucoup, à condition d'écouter trois choses. La première est la façon dont on vous répond quand vous précisez que vos cheveux sont crépus. Un salon formé ne se raidit pas et ne vous met pas en attente pour demander à une collègue. Il enchaîne avec des questions : la longueur, la densité, la dernière coiffure protectrice, un éventuel défrisage ancien. Ces questions ne sont pas indiscrètes, elles servent à réserver le bon créneau.
La deuxième chose à écouter est justement ce créneau. Une chevelure crépue dense ne se traite pas en quarante minutes. En salon, un Rituel Texture® complet, coiffage compris, demande entre deux heures un quart et trois heures un quart, davantage s'il y a une coupe. Quand on vous propose une heure sur une chevelure dense, quelque chose sera sacrifié, et c'est presque toujours le démêlage.
La troisième est ce qu'on vous demande de faire avant de venir. « Venez les cheveux déjà démêlés » est la phrase qui tranche le plus vite. Le démêlage n'est pas un préliminaire à régler chez soi, c'est la première étape de la prestation, et celle qui conditionne toutes les autres. Un salon qui la délègue à sa cliente annonce qu'il ne sait pas la faire.
Étape 2Les premiers gestes, avant le bac

Le premier geste d'un professionnel formé n'est pas de vous conduire au bac. C'est de regarder. Il observe l'état du cuir chevelu, la densité réelle sous le volume, la sécheresse, les zones de casse, la façon dont une mèche reprend sa forme quand on l'étire. Il vous demande ce que vous faites chez vous, à quel rythme, avec quoi, et ce que vous voulez vraiment. Ce moment porte un nom, c'est le diagnostic, et il sépare une prestation d'une expertise.
Vient ensuite le démêlage, et c'est là que les malentendus s'installent. On lit souvent qu'il ne faut jamais démêler à sec. C'est l'inverse : le Rituel Texture® s'ouvre par un démêlage aux doigts, sur cheveux secs, mèche par mèche, en six sections au minimum. Ce qui casse, ce n'est pas le cheveu sec, c'est le peigne passé sur des cheveux secs et sans produit. Le peigne, lui, intervient bien plus tard, sur des longueurs entièrement gainées de masque.
Deux gestes doivent donc vous alerter dès les premières minutes : le peigne fin attaqué sur une chevelure sèche et nue, et le passage direct au bac sans qu'un seul nœud ait été défait.
Étape 3Ce qui doit se passer ensuite

Le lavage se fait en deux temps. Un nettoyage clarifiant doux d'abord, qui retire ce que les semaines ont déposé, puis Le Shampoing Réparateur. Un seul shampoing sur une chevelure chargée de crèmes et de beurres ne retire rien et laisse le soin suivant glisser sur un film.
Le Masque Réparateur se travaille ensuite section par section, des pointes vers les racines, et pose dix minutes, sous une charlotte quand le salon en dispose. Si on vous annonce trois quarts d'heure de pose, ou si on vous conseille de le garder jusqu'au lendemain, ce n'est pas la méthode. C'est sur ces longueurs gainées, et seulement là, que le peigne passe, des pointes vers les racines, sans forcer, avec un retour aux doigts dès qu'une résistance apparaît.
La coupe, elle, se fait à sec, sur cheveux étirés : c'est le seul état dans lequel le rétrécissement est lisible, et donc le seul dans lequel une longueur promise sera la longueur obtenue. Notre article sur la coupe à sec détaille pourquoi. Le séchage vient après l'application de La Crème Coiffante, par petites mèches, en mouvement constant. Le diffuseur, que beaucoup de salons présentent comme l'outil des textures, ne convient qu'à de rares cas sur cheveux crépus.
Enfin, un bon rendez-vous ne s'arrête pas au fauteuil. Vous devez repartir en sachant ce que vous avez sur la tête, pourquoi, et quoi faire jusqu'à la prochaine fois.
Étape 4Les six questions à poser
Elles se posent au téléphone, avant de réserver, et elles prennent deux minutes. Ce n'est pas un interrogatoire : un professionnel qui connaît son sujet répond vite et sans se justifier.
| La question | Ce que la réponse révèle |
|---|---|
| Travaillez-vous régulièrement les cheveux crépus ? | La fréquence réelle, pas ce qui est affiché en vitrine |
| Faites-vous un diagnostic avant de commencer ? | S'il y a une méthode derrière, ou seulement des produits |
| Comment démêlez-vous ? | La bonne réponse commence par « aux doigts, sur cheveux secs » |
| Coupez-vous à sec ou sur cheveux mouillés ? | La maîtrise du rétrécissement, et donc de la longueur finale |
| Combien de temps réservez-vous ? | Moins de deux heures sur une chevelure dense est un mauvais signe |
| Quelle formation avez-vous suivie, et quand ? | La légitimité technique, bien plus parlante que l'ancienneté |
Le flou en dit long. Un salon qui répond « on s'adapte » à toutes les questions n'a pas de méthode, il a de la bonne volonté. Pour savoir ce que recouvrent réellement ces formations, voyez où se forment les coiffeurs aux cheveux crépus.
Étape 5Quand se lever et partir
Ce qui justifie d'interrompre un rendez-vous
- Le peigne passe sur des cheveux secs et sans produit.
- On travaille vite, en tirant, sans avoir sectionné la chevelure.
- On vous reproche de ne pas être venue les cheveux démêlés.
- On vous propose un défrisage ou un lissage comme réponse à la sécheresse.
- On vous dit que vos cheveux sont durs, difficiles ou ingérables.
- On applique des produits sans vous dire lesquels ni pourquoi.
Une prestation bien menée ne fait pas mal. Si quelque chose tire, dites-le, et n'attendez pas la fin pour le dire.
Beaucoup de femmes racontent avoir serré les dents pendant trois heures par politesse, puis avoir pleuré dans la voiture. Vous avez le droit de demander qu'on s'arrête, de ne pas laisser finir une coupe engagée dans la mauvaise direction, et de partir. Ce n'est ni un caprice ni une scène : c'est votre chevelure, et la casse, elle, ne se rattrape pas.
Étape 6Où chercher un salon
Les réseaux sociaux ne suffisent pas. Une belle vidéo de résultat ne dit rien de la douceur des gestes, du temps réellement passé, ni de ce qui s'est joué pendant les trois heures qu'on ne filme pas. Ils servent surtout à repérer une chose : un compte qui ne montre jamais de texture crépue vous renseigne déjà.
Nos sélections par ville recensent des salons que nous connaissons, avec la spécialité de chacun : cinq coiffeurs experts à Paris et six coiffeurs experts à Lyon. Nous publions aussi des portraits de salons partenaires, comme La Belle Boucle, pour que vous sachiez à quoi ressemble le rendez-vous avant de le prendre.
Ailleurs en France et dans les DOM-TOM, notre annuaire recense les professionnels formés au Rituel Texture®. C'est le chemin le plus court quand aucune de vos connaissances ne peut vous donner une adresse de confiance.