10 bonnes raisons de faire des tresses (la première n'est pas la plus importante)

Femme souriante avec des tresses

Une semaine chargée s'annonce, tu n'as plus envie de négocier avec un peigne le matin, et quelques heures de rendez-vous t'achètent des semaines de tranquillité. C'est une bonne raison. Ce n'est pas la plus importante.

Elles sont dix, et elles tiennent toutes à une condition que l'on passe volontiers sous silence : une tresse ne protège rien par elle-même. Elle protège quand elle est posée sans forcer, entretenue pendant qu'on la porte, et retirée avant que les repousses ne se mettent à travailler contre elle. Le reste du temps, elle coûte de la longueur au lieu d'en préserver. Pour préparer la fibre avant la pose, notre tutoriel pas à pas détaille les six étapes du Rituel Texture®.

10raisons qui tiennent, à une condition près
0douleur admise, le jour de la pose comme le lendemain
2moments où la casse se joue : la pose et le retrait

Raisons 1 et 2La longueur ne se gagne pas, elle se garde

Femme aux cheveux crépus portant de longues tresses
Une pose souple ne se voit pas sur la photo. Elle se juge plus tard, sur l'état des contours et des repousses.

Commençons par écarter la promesse que l'on entend partout. Les tresses ne font pas pousser les cheveux. Rien, dans une natte, n'agit sur le follicule ni sur sa vitesse de production. Ce qui change d'une femme à l'autre, et d'une année à l'autre chez la même femme, c'est la quantité de longueur qui survit. La différence de longueur vient surtout de la casse et du rétrécissement.

La première raison est là : tressée, la fibre cesse d'être manipulée. Plus de démêlage quotidien, plus de coiffage repris chaque matin, plus de pointes qui frottent sur un col de manteau. Chaque geste évité est une occasion de casse en moins, et sur plusieurs semaines cela finit par se voir.

La deuxième tient aux pointes, qui sont la partie la plus ancienne et la plus fragile de la chevelure. Rangées à l'intérieur d'une tresse, elles ne s'accrochent plus à rien. C'est exactement ce que l'on appelle la rétention de longueur : non pas produire plus, mais perdre moins.

Cette nuance n'est pas un détail de vocabulaire. Elle change ce que l'on attend d'une pose, et donc la façon dont on la juge. Une coiffure qui te laisse les contours dégarnis n'a rien protégé, même si elle a duré deux mois.

Raisons 3 et 4Le temps que les tresses te rendent

La troisième raison est celle que l'on cite en premier, et elle est parfaitement légitime. Le matin, il n'y a plus rien à décider. Pas de démêlage, pas de coiffage, pas de produit à répartir section par section. Sur des matins pressés, c'est une demi-heure rendue chaque jour.

La quatrième en découle : une pose tient plusieurs semaines, ce qui en fait une solution de circonstance. Un déménagement, un voyage, une période de travail intense, une convalescence : ce sont des moments où l'on n'a ni le temps ni la tête pour un Rituel Texture® complet, et où une coiffure qui tient seule vaut mieux que des cheveux laissés libres et négligés.

Ce confort a toutefois une contrepartie qu'il faut nommer tout de suite. Une coiffure qui ne demande rien finit par ne plus rien recevoir. Le cuir chevelu, lui, continue de produire du sébum et d'accumuler des squames sous les tresses. Le lavage ne s'arrête pas parce que la coiffure a commencé.

Raisons 5 et 6Un répertoire de styles, et ce qu'il change

La cinquième raison est le répertoire lui-même. Box braids posées sur des sections carrées, cornrows collées au cuir chevelu et tracées en motifs, twists sénégalaises obtenues en enroulant deux mèches l'une autour de l'autre, fulani braids qui mêlent raies dégagées et perles, knotless braids enfin, qui se posent sans nœud de départ. Chacune a sa silhouette, et aucune n'engage la même chose pour tes racines.

Ce dernier point est rarement expliqué en salon. Une tresse classique démarre par un nœud serré autour de la mèche naturelle, qui concentre toute la tension sur un point unique dès la première minute. Les knotless braids intègrent le rajout progressivement, ce qui répartit la charge. Si tes tempes se sont déjà éclaircies, c'est l'option à demander.

La sixième raison est la personnalisation. Perles, anneaux de cuivre, fils colorés, motifs géométriques sur le crâne : le détail transforme la coiffure et elle t'appartient. Garde seulement en tête que tout accessoire pèse, et que le poids se transmet à la racine. Sur les tempes et la nuque, où l'implantation est la plus fine, mieux vaut rester sobre.

Raison 7Une coiffure qui vient de loin

Avant d'être une silhouette, la natte a servi à dire quelque chose. Dans de nombreuses sociétés africaines, la coiffure disait l'âge, le statut matrimonial, le rang, parfois l'appartenance à un groupe. Porter des nattes aujourd'hui, ce n'est pas seulement choisir une forme, c'est s'inscrire dans une continuité très longue. Nous avons consacré un article entier à l'histoire des tresses africaines, de la préhistoire aux coiffures d'aujourd'hui.

Raisons 8, 9 et 10Le regard que l'on porte sur soi

La huitième raison est la moins technique de cette liste, et probablement la plus déterminante. Une coiffure change la façon dont on se tient. Beaucoup de femmes décrivent, après une pose, une aisance qu'elles n'avaient pas la veille : elles sortent plus volontiers, elles bougent plus librement, elles cessent de vérifier leurs cheveux dans chaque vitrine.

La neuvième est le temps du tressage lui-même. Trois heures, parfois plus, assise, pendant que quelqu'un s'occupe de ta tête. Aux Antilles comme en Afrique de l'Ouest, ce moment a toujours été un moment de parole autant qu'un moment de coiffage. Il n'a pas disparu.

La dixième est plus prosaïque : c'est un regard professionnel sur l'état réel de tes cheveux. Une coiffeuse qui sépare ta chevelure en sections voit ce que tu ne vois pas, à commencer par tes contours et tes pointes.

La condition qui décide de tout

Tresses ornées de perles et d'anneaux sur cheveux crépus
Perles et anneaux personnalisent la coiffure et ajoutent du poids. Sur les tempes, la sobriété est une précaution.

Les dix raisons ci-dessus supposent toutes la même chose : que la pose ne tire pas. Une traction répétée sur la ligne frontale épuise le follicule, et c'est ce mécanisme que la dermatologie nomme alopécie de traction : il a été décrit chez des femmes et des jeunes filles qui portaient régulièrement tresses, nattes collées et tissages (Khumalo et coll., Journal of the American Academy of Dermatology, 2008). Tant que le follicule n'est qu'irrité, la zone se regarnit. Une fois la lésion installée, la ligne dégarnie ne repousse pas toujours.

Je ne déconseille jamais les tresses, ni les nattes collées. Ce que je déconseille, c'est de les serrer, et c'est de les garder au-delà du moment où elles font encore du bien. Au salon, je regarde d'abord les contours et les repousses : ce sont eux qui disent si la coiffure travaille encore pour la cliente, ou contre elle.

Ghana Elin, fondatrice

Faire desserrer, sans attendre la fin de la pose

  • La pose tire encore au réveil, le lendemain matin.
  • De petits boutons apparaissent à la base des tresses, surtout aux tempes.
  • Tu vois les racines soulevées, en éventail, autour du point de départ.
  • Un mal de tête s'installe le jour même ou le soir du rendez-vous.

Aucun de ces signes n'est le prix à payer d'une belle coiffure. Demande à faire reprendre les contours le jour même, sans attendre la fin de la pose. Si une zone du contour reste clairsemée après le retrait, c'est un dermatologue qu'il faut consulter, pas un salon.

Entretenir, et savoir s'arrêter

Une tresse protège la longueur, jamais le cuir chevelu, qui reste exposé et continue de vivre sous la coiffure. Nettoie les racines toutes les une à deux semaines, avec Le Shampoing Réparateur dilué appliqué au bout des doigts entre les tresses, puis rince longuement et sèche sans frotter. Une formule sans sulfate et peu moussante se rince plus facilement sans déformer la pose.

Quant à la question de la durée, elle n'a pas de réponse en semaines. Elle a des conditions. Une coiffure sans rajouts se garde moins longtemps qu'une pose avec extensions, simplement parce qu'elle se défait. Une pose souple se supporte plus longtemps qu'une pose tendue. Et dans tous les cas, ce sont les repousses qui donnent le signal : dès que la base des tresses se feutre et que les nœuds s'installent à la racine, le retrait devient plus coûteux que la coiffure ne rapporte. Nous détaillons ces signaux dans quand une coiffure protectrice abîme tes cheveux.

Le retrait est le second moment de casse, souvent sous-estimé. Prends le temps, section par section, sur des cheveux enduits de La Crème Coiffante, en revenant aux doigts dès qu'une résistance apparaît. Puis offre à la chevelure un Rituel Texture® complet avant d'envisager la pose suivante.

Questions fréquentes

Les tresses font-elles pousser les cheveux plus vite ?
Non. Aucune coiffure n'agit sur la vitesse de pousse. Ce que les tresses permettent, c'est de garder ce qui pousse, en réduisant la manipulation quotidienne et en rangeant les pointes. La différence de longueur d'une femme à l'autre vient surtout de la casse et du rétrécissement.
Comment savoir si mes tresses sont trop serrées ?
Le signe le plus fiable est celui du lendemain : une pose correcte ne tire plus au réveil. S'y ajoutent les petits boutons à la base des tresses, les racines soulevées en éventail et le mal de tête le soir du rendez-vous. Dans ces cas, fais reprendre les contours sans attendre la fin de la pose.
Combien de temps garder une pose ?
La question se règle par des conditions, pas par un chiffre unique. Sans rajouts, la coiffure se défait d'elle-même assez vite. Avec rajouts, ce sont les repousses qui commandent : dès que la base se feutre, que les nœuds s'installent et que la tension augmente à la racine, il est temps de retirer.
Peut-on laver ses cheveux avec des tresses ?
Oui, et il le faut. Le cuir chevelu continue de produire du sébum sous la coiffure. Le Shampoing Réparateur dilué, appliqué au bout des doigts entre les tresses, puis un rinçage long, suffisent toutes les une à deux semaines.
Les mèches synthétiques abîment-elles les cheveux ?
Pas par elles-mêmes, mais leur poids ajoute de la traction à celle de la pose, et certaines fibres irritent le cuir chevelu. Un trempage préalable des mèches dans de l'eau vinaigrée est une pratique empirique largement partagée en salon pour retirer l'apprêt.

Aller plus loin

Sources

  • Khumalo N. P. et coll., « Determinants of marginal traction alopecia in African girls and women », Journal of the American Academy of Dermatology, 2008.