Rétention de longueur : 8 gestes pour garder tes cheveux crépus longs

Femme aux longs cheveux crépus, rétention de longueur

Chaque matin, la même petite poignée de cheveux courts au fond du lavabo. Tu la rinces sans y penser. Mise bout à bout sur une année, elle représente pourtant plusieurs centimètres qui n'atteindront jamais tes pointes.

Cette vitesse ne se commande pas, et aucun soin ne la modifie. Ce qui se commande, ce sont les gestes qui laissent la fibre arriver entière au bout de la longueur. Ils sont huit, ils se répartissent entre le jour du lavage et le reste de la semaine, et aucun ne demande d'acheter un produit de plus que ceux que tu as déjà. Pour avoir la séquence complète sous la main, notre tutoriel pas à pas détaille les six étapes du Rituel Texture®.

8gestes qui décident de ce que tu gardes
7 à 10 jentre deux routines complètes
10 minde pose pour Le Masque Réparateur

Ce que « retenir » veut dire

Deux choses différentes empêchent de voir sa longueur, et il est utile de les séparer avant de changer quoi que ce soit. La première est le rétrécissement : une fibre crépue s'enroule sur elle-même en séchant, et la chevelure qui descendait dans le dos sous la douche remonte à hauteur d'épaule une heure plus tard. Rien n'est perdu, tout est replié. La seconde est la casse, et celle-là coûte réellement. Le cheveu pousse normalement à la racine, il se rompt en chemin, et le résultat ne bouge pas d'une année sur l'autre.

Nous avons détaillé ces deux mécanismes, les quatre moments où la casse se produit et les travaux qui les documentent dans les cheveux crépus peuvent-ils être longs. Ce que fait la fibre crépue et pourquoi elle est bâtie ainsi est expliqué dans pourquoi avons-nous les cheveux crépus. Le présent article prend la suite : il s'occupe des gestes, un par un.

Un repère avant de commencer, parce qu'il évite de traiter le mauvais problème. Un cheveu tombé naturellement porte à son extrémité un petit renflement plus clair. Un cheveu cassé n'en a pas : c'est un fragment. Si ton peigne ramène surtout des fragments, les huit gestes qui suivent te concernent directement.

Geste 1Démêler dans le bon ordre

C'est ici que se joue le plus gros, et souvent en quelques minutes. Une idée tenace veut que le démêlage à sec soit interdit sur cheveux crépus. Elle a fait beaucoup de dégâts, parce qu'elle vise le mauvais coupable. Ce qui casse, ce n'est pas la fibre sèche : c'est le peigne passé sur des cheveux secs et nus, qui force sur chaque nœud au lieu de le défaire.

Le Rituel Texture® ouvre donc à sec, aux doigts, et sans outil. C'est le démêlage au doigt tchadien. On travaille en six sections au minimum, jamais plus de huit, en maintenant la racine d'une main pendant que le pouce de l'autre lisse la mèche, petite mèche par petite mèche. Les doigts rencontrent le nœud avant de le tirer, et décident de s'arrêter. Chaque section terminée se referme en vanille souple, qui conserve le travail jusqu'au bac.

L'outil, lui, n'entre en scène que bien plus tard, sur des cheveux gainés de masque, des pointes vers les racines, sans forcer. Le Peigne de Man Dol' est taillé dans de la corne de buffle issue de la filière alimentaire, revalorisée et travaillée à la main au Vietnam ; ses dents sont plus larges que celles des peignes d'autrefois, précisément parce que les anciens faisaient mal. Le détail de la prise en main est dans démêler sans casse.

Si la casse est déjà importante, ce démêlage devient délicat et gagne à être confié à un coiffeur formé plutôt qu'improvisé un dimanche soir.

Geste 2Dix minutes de masque, à chaque routine

Une fibre souple plie là où une fibre rigide casse. Le Masque Réparateur ne fait rien d'autre, et c'est considérable. Il se chauffe entre les paumes, s'applique section par section des pointes vers les racines, et se laisse poser dix minutes, sous une charlotte si possible. Les pointes sont la partie la plus ancienne de la chevelure : elles reçoivent le soin en premier et en plus grande quantité.

Dix minutes, pas davantage. Les durées plus longues qui circulent, trente minutes, une heure, une nuit entière, viennent d'une époque où les formules travaillaient peu et où l'on compensait par la patience. Un masque gardé toute la nuit n'apporte rien de plus, et la nuit a mieux à faire.

Ce temps de pose n'est pas un moment d'attente, d'ailleurs. C'est pendant qu'il court, masque en place, que Le Peigne de Man Dol' fait son passage. Une routine complète où l'on rince avant d'avoir démêlé au peigne perd la moitié de son intérêt.

Geste 3Sceller sans passer par l'huile

Application d'un soin sur les longueurs d'une chevelure crépue, section par section
Le soin se masse dans la longueur plutôt que déposé en surface : c'est ce qui décide de la souplesse jusqu'à la routine suivante.

Voici le geste que l'on saute le plus, et celui qui décide si le travail des étapes précédentes tiendra sept jours ou deux. L'hydratation a été apportée au lavage ; encore faut-il qu'elle reste. La Crème Coiffante aide à la maintenir, appliquée généreusement sur les longueurs, suivie d'un dernier passage du Peigne de Man Dol' puis d'une natte ou de vanilles protectrices.

Un conseil ancien voulait qu'on ferme la marche avec une huile ou un beurre. Ce n'est plus ce que nous écrivons. Une huile ne contient pas d'eau et n'hydrate rien ; posée en couche sur une fibre mal hydratée, elle enferme surtout le manque. Entre deux routines, une goutte d'huile légère sur les pointes peut compléter si elles tirent, et rien de plus. La différence entre les trois familles de produits est reprise dans crème coiffante, leave-in ou gel.

Le bain d'huile relève du même malentendu. Il a sa place, une à deux fois par an au maximum, et pas davantage. Pour préparer un lavage, le démêlage aux doigts suffit largement.

Geste 4Sécher franchement plutôt que tiède

On a longtemps conseillé de limiter la chaleur sur cheveux crépus, comme une règle sans condition. L'expérience du salon dit autre chose : un séchage court et franc, toujours en mouvement, traite mieux la fibre qu'une chaleur tiède entretenue pendant des heures, et surtout mieux que des longueurs qui restent humides et lourdes une demi-journée.

La séquence importe plus que la température. La Crème Coiffante s'applique d'abord sur cheveux humides, sur toute la longueur : elle protège la fibre de la chaleur qui va suivre. Vient ensuite le sèche-cheveux, par petites mèches, des racines vers les pointes, dans des mouvements de rebond, sans jamais s'arrêter sur une zone. Pas de brosse. La pointe est tenue entre le pouce et l'index et séchée en dernier, très légèrement.

Entre deux routines, quand on remouille peu, l'air libre convient très bien. Le diffuseur, lui, revient souvent dans les conseils en ligne : sur cheveux crépus, il ne rend service que dans de rares cas, et nous ne le présentons pas comme l'outil de cette étape.

Geste 5Passer les nuits sur de la soie

Femme aux cheveux crépus nouant un foulard en soie avant la nuit
Huit heures de frottement contre du coton ne se voient pas le lendemain. Elles se voient six mois plus tard, sur des pointes qui n'ont pas avancé.

C'est le seul des huit gestes qui travaille pendant que tu ne fais rien, et c'est aussi le plus facile à mettre en place. Le coton absorbe l'humidité et accroche la fibre ; la soie fait l'inverse. Ghana privilégie le foulard en soie, avec une taie d'oreiller en soie, plutôt que le bonnet.

Le montage compte autant que la matière. On défait la coiffure de la journée, on remet un peu de Crème Coiffante en insistant sur les pointes, on ne passe le peigne que si les cheveux sont réellement emmêlés, puis on monte six nattes serrées sur elles-mêmes, jamais serrées à la racine, attachées avec un chouchou en soie ou nouées sous le foulard. Les longueurs rangées ne frottent plus contre rien. Nos coiffures de nuit donnent les variantes selon la longueur.

Geste 6Se toucher les cheveux moins souvent

Chaque manipulation a un coût, minuscule, qui s'additionne. Les coiffures qui rangent les longueurs pendant plusieurs jours, vanilles, nattes plaquées, chignons montés sans gel, réduisent mécaniquement ce coût. C'est leur véritable intérêt : elles ne font pas pousser, elles empêchent de perdre.

Encore faut-il qu'elles restent protectrices, et c'est là que beaucoup de chevelures se sont abîmées. Une pose trop tendue ne tire pas seulement sur la fibre, elle tire sur le follicule, et la lisière frontale est la première à céder. C'est le mécanisme de l'alopécie de traction, relevé chez les femmes et les adolescentes qui portent de façon répétée tresses, nattes collées ou tissages (Khumalo et coll., Journal of the American Academy of Dermatology, 2008). Tant qu'il ne s'agit que d'une irritation, tout revient. Quand la zone est dégarnie depuis des mois, la repousse n'est plus garantie.

La question de la durée revient toujours, et elle n'a pas de réponse en semaines. Une coiffure se garde tant que trois conditions tiennent, et se défait dès que l'une lâche.

Les trois conditions qui fixent la durée

  • Les rajouts. Une coiffure montée sur tes seuls cheveux ne pèse rien. Des rajouts ajoutent du poids et de la traction, et raccourcissent d'autant la durée acceptable.
  • La tension. Une coiffure protectrice ne doit jamais faire mal. Si elle tire encore le lendemain, ce ne sont pas tes cheveux qui s'habituent, c'est ta peau qui cède, et il faut faire reprendre les contours.
  • L'état du cuir chevelu. Rougeurs, petits boutons à la base des tresses, démangeaisons qui s'installent : la coiffure a fait son temps, quel que soit le nombre de jours écoulés.

Alterner les styles évite par ailleurs d'exercer toujours la même tension aux mêmes endroits. Les signes d'une coiffure qui abîme sont détaillés dans les signes qu'une coiffure protectrice abîme tes cheveux.

Geste 7Retirer les pointes abîmées

Voici le geste le plus contre-intuitif de la liste, et celui que l'on repousse pour de bonnes raisons apparentes. Une fibre fendue ne se referme pas : la fente progresse vers le haut et abîme au passage du cheveu qui allait très bien. Ne pas couper coûte donc plus de longueur que couper.

Compte huit à douze semaines entre deux passages, en ne retirant que les pointes abîmées, et fais-le sur cheveux secs et étirés : le rétrécissement rend toute évaluation trompeuse autrement. Le rythme, les signes à guetter et le déroulé en salon sont repris dans quand couper ses cheveux crépus, et la manière de préserver les pointes entre deux coupes dans protéger ses pointes.

Geste 8Ce qui se joue à table

Ce qui sort du follicule dépend aussi de ce qui arrive par l'assiette. C'est le geste le plus lent des huit, celui dont on ne voit rien avant plusieurs mois, et il ne remplace aucun des sept autres : une alimentation irréprochable ne compensera jamais un peigne passé à sec sur des nœuds. Nos repères sur les aliments qui soutiennent la pousse donnent les grandes familles à surveiller.

Un mot sur les compléments alimentaires, puisqu'ils promettent souvent ce que les gestes accomplissent. Ils peuvent servir en cas de carence, mais cela se constate, cela ne se devine pas, et l'avis d'un pharmacien vaut mieux qu'une publicité. Aucun complément ne fait pousser plus vite un cheveu en bonne santé.

La régularité, plus que l'intensité

Les huit gestes ne se valent pas en difficulté, mais ils se valent en constance : c'est leur répétition qui les rend efficaces, pas leur intensité un dimanche sur trois. Une routine complète tous les sept à dix jours, menée jusqu'au bout, fait davantage que trois soins improvisés dans le même mois.

Chez nous, aux Antilles, on dit d'une femme qu'elle a la main qui fait pousser les cheveux. Je n'y ai jamais vu de don. C'est savoir tenir le cheveu, poser la tension aux bons endroits, ne jamais casser ni arracher. Le reste est une affaire de régularité : la même routine complète, les mêmes produits, les mêmes outils, et recommencer.

Ghana Elin, fondatrice

Enfin, cesse de juger au miroir. Le rétrécissement masque les progrès autant que la casse. Prends toujours la même mèche, au même endroit, étire-la mouillée le long d'une règle, note le chiffre, et recommence trois mois plus tard. Entre-temps, ce sont d'autres signes qui annoncent la suite : moins de fragments dans le peigne, des pointes qui restent souples d'une routine à la suivante, un démêlage devenu silencieux. Quand ces trois choses sont installées, la longueur suit, parce qu'elle cesse d'être reperdue.

Tes cheveux stagnent malgré tous tes efforts ?

Nos expertes reprennent ta routine avec toi en ligne et repèrent lequel de ces huit gestes te coûte de la longueur, plutôt que de tout changer en même temps.

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Questions fréquentes

Comment savoir si mes cheveux cassent ou s'ils tombent ?
Regarde l'extrémité. Un cheveu tombé naturellement porte un petit renflement plus clair, le bulbe. Un cheveu cassé n'en a pas : c'est un fragment, souvent court. Un peigne qui ramène surtout des fragments signale de la casse, pas une chute, et la casse se corrige par les gestes.
Le bain d'huile aide-t-il à garder la longueur ?
Pas au rythme où on le conseille souvent. Une à deux fois par an au maximum suffit. Pour préparer un lavage, le démêlage aux doigts sur cheveux secs fait le travail que l'on attendait de lui, et sans alourdir la fibre.
Combien de temps garder une coiffure protectrice ?
La question ne se règle pas en nombre de semaines. Trois conditions décident : la présence de rajouts, qui ajoutent du poids et de la traction ; la tension à la pose, qui ne doit jamais faire mal ni tirer le lendemain ; et l'état du cuir chevelu, qui donne le signal d'arrêt par des rougeurs ou des démangeaisons. Dès que l'une des trois lâche, on défait.
Faut-il vaporiser de l'eau sur ses cheveux entre deux lavages ?
Mieux vaut l'éviter. Faire entrer puis sortir l'eau de la fibre plusieurs fois par semaine finit par la rendre plus poreuse, donc plus fragile. L'hydratation se pose pendant la routine complète et se maintient avec La Crème Coiffante, elle ne se rattrape pas au vaporisateur chaque matin.
En combien de temps voit-on une différence ?
Les premiers signes arrivent en quelques semaines, mais ils ne concernent pas la longueur : moins de fragments dans le peigne, des pointes plus souples, un démêlage plus facile. La longueur visible, elle, demande plusieurs mois, et se vérifie en mesurant une même mèche étirée tous les trois mois plutôt qu'en se regardant.

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Sources

  • Khumalo N. P. et coll., « Determinants of marginal traction alopecia in African girls and women », Journal of the American Academy of Dermatology, 2008.
  • « Alopécie », Manuel MSD, édition professionnelle, section dermatologie : alopécie de traction et réversibilité selon l'ancienneté de l'atteinte.