Le premier signe arrive souvent avant le froid lui-même. Un soir de novembre, les longueurs tirent alors que le lavage date de l'avant-veille. Une semaine plus tard, l'écharpe laisse des petits nœuds à la nuque, et les pointes se cassent au moment de défaire le chignon.
Devant ces signes, le réflexe le plus répandu est de tout changer : de nouveaux produits, des textures plus épaisses, un vaporisateur posé sur le bureau. C'est précisément ce qu'il ne faut pas faire. L'hiver ne demande pas une autre méthode, il demande la même, tenue avec un peu plus de matière. Notre guide gratuit détaille les six étapes du Rituel Texture®, celles-là mêmes qui valent de novembre à mars.
Ce que l'hiver change vraiment
Chaque automne, on me demande quel soin ajouter pour l'hiver. Je n'en ajoute aucun. Je garde le même Rituel Texture®, au même rythme, et je mets simplement un peu plus de produit : un peu plus de masque sur les longueurs, un peu plus de Crème Coiffante sur les pointes, pour qu'elles soient bien protégées sous la laine.
Ghana Elin, fondatriceTrois choses changent, et trois seulement. L'air extérieur est sec, l'air intérieur l'est davantage encore à cause du chauffage, et la fibre passe ses journées à faire l'aller-retour entre les deux. Le froid, ensuite, rend la mèche moins souple, donc plus cassante au coiffage. Enfin, la laine s'invite partout : bonnets, écharpes, cols, dossiers de manteau, et chaque frottement se paie sur les pointes.

Ce qui ne change pas, en revanche, mérite d'être dit aussi clairement. Le mécanisme de l'hydratation est le même en janvier qu'en juillet : il est décrit dans notre article sur l'hydratation des cheveux crépus, et nous n'allons pas le refaire ici. La fréquence des Rituels ne change pas non plus.
L'été pose le même problème par d'autres moyens : là où l'air sec et la laine travaillent la fibre de novembre à mars, ce sont le sel, le sable et le soleil qui s'en chargent en août, et la réponse reste la même méthode, appliquée au même rythme. Nous la déclinons dans notre article sur les cheveux crépus à la plage. Si vos cheveux sont secs toute l'année et pas seulement l'hiver, la saison n'est pas votre sujet : commencez par les causes de la sécheresse.
Geste 1Le même Rituel Texture®, un peu plus de produit

Le Rituel Texture® complet revient tous les sept à dix jours, en hiver comme le reste de l'année. Il commence par un nettoyage clarifiant doux, suivi par Le Shampoing Réparateur, puis vient Le Masque Réparateur, que l'on laisse poser dix minutes, sous une charlotte si vous en avez une. Ni davantage, ni toute une nuit : au-delà, on n'ajoute rien, on attend.
La seule adaptation de saison tient dans la quantité. Un peu plus de masque sur les longueurs, un peu plus de Crème Coiffante au séchage et au coiffage, en insistant sur les pointes. C'est La Crème Coiffante qui aide à maintenir l'hydratation apportée au lavage : elle occupe la place que l'on donnait autrefois au beurre ou à l'huile épaisse, et elle la remplit sans alourdir. Entre deux Rituels, une goutte d'huile légère sur les pointes suffit à compléter.
Geste 2Ne jamais sortir les cheveux humides
C'est la règle la plus simple et la plus rentable de la saison. Une fibre gorgée d'eau est gonflée, fragile, et le froid la rend cassante ; sortir ainsi, écharpe par-dessus, c'est réunir toutes les conditions de la casse. Lavez la veille au soir, ou plusieurs heures avant de partir.
Le séchage se fait au sèche-cheveux, après La Crème Coiffante, par petites mèches et en mouvement constant : c'est le séchage protecteur, cinquième étape du Rituel Texture®. Contrairement à ce que l'on lit souvent, ce n'est pas le moment de sortir le diffuseur, qui ne rend service que dans de rares cas sur cheveux crépus. Le geste complet est décrit dans les six étapes du Rituel Texture®.
Geste 3Ne pas compenser avec de l'eau
Quand l'air est sec, le geste qui vient spontanément est de vaporiser de l'eau sur les longueurs. C'est un réflexe compréhensible, et c'est un mauvais calcul. Mouiller ses cheveux tous les jours finit par rendre la fibre plus poreuse : elle absorbe vite, elle perd vite, et l'on se retrouve à vaporiser de plus en plus souvent pour un confort de plus en plus court.
L'hydratation se fait au lavage, pendant le Rituel complet, et se maintient ensuite avec La Crème Coiffante. Entre deux, si une zone tire vraiment, on remet un peu de crème sur cette zone, sans repasser par l'eau. C'est la différence entre entretenir et recommencer.
Geste 4Mettre de la soie entre la laine et les cheveux
La laine accroche la fibre crépue, et les pointes, qui bougent le plus, paient l'addition. Un bonnet doublé de soie ou de satin, ou un foulard en soie noué sous le bonnet, supprime ce frottement sans rien changer à votre tenue. Même logique pour l'écharpe et le col du manteau : ce sont eux qui abîment la nuque et les épaules, bien plus que le froid lui-même.
La nuit, le principe ne change pas. On défait la coiffure du jour, on remet un peu de Crème Coiffante en insistant sur les pointes, on forme des nattes serrées sur elles-mêmes mais jamais à la racine, et l'on noue un foulard en soie, sur une taie d'oreiller en soie. Nos coiffures de nuit détaillent les mises en place possibles.
Geste 5Ranger les pointes
Vanilles, tresses, chignon bas : une coiffure qui met les pointes à l'abri leur évite des semaines de frottement contre la laine. C'est la saison où elles rendent le plus service. Deux conditions, toutefois. La coiffure ne doit jamais tirer : une pose qui fait encore mal le lendemain ne se tasse pas, elle abîme, et nos signes qu'une coiffure protectrice abîme vos cheveux aident à le reconnaître.
Seconde condition, la durée. Elle dépend des rajouts, de la tension de la pose et de l'état du cuir chevelu, pas du calendrier : une coiffure sans rajouts se garde beaucoup moins longtemps qu'une pose avec rajouts, et aucune ne se garde jusqu'à ce qu'elle se défasse seule. Cachés sous une coiffure, les cheveux continuent d'avoir besoin de leur Rituel Texture® : c'est l'erreur la plus fréquente de la saison.
Geste 6Ne pas oublier le cuir chevelu
Sous les bonnets et les coiffures protectrices, il devient invisible, et l'on cesse de s'en occuper. Quelques minutes de massage du bout des doigts, sans ongles, suffisent à le garder confortable. Si la peau tire, quelques gouttes d'huile légère y trouvent leur place ; si elle est grasse ou desquame, on s'abstient et l'on regarde du côté du lavage.
Le bain d'huile, souvent présenté comme le grand soin de l'hiver, n'en fait pas partie. Il lubrifie sans hydrater et sature la fibre : une à deux fois par an au maximum, et rien n'oblige à ce que ce soit en janvier. Pour les pointes déjà fragilisées, nos cinq gestes pour protéger les pointes complètent ce qui précède.
Les erreurs d'hiver les plus courantes
- Sortir avec des racines encore humides sous un bonnet.
- Vaporiser de l'eau chaque matin pour compenser l'air sec.
- Poser la laine directement sur les longueurs et les pointes.
- Espacer les soins parce que les cheveux sont cachés sous une coiffure.
- Remplacer le Rituel par un bain d'huile hebdomadaire.