Tu sors de la douche avec des longueurs au milieu du dos. Deux heures plus tard, elles s'arrêtent aux épaules. Rien n'a disparu : ta fibre s'est refermée sur elle-même en séchant.
Étirer n'est pas lisser. On ne défait pas le motif, on le tend, le temps d'une coiffure ou d'une coupe, et il revient au lavage suivant. Quatre méthodes y parviennent, et elles ne se valent pas : l'une est une étape de notre méthode, deux viennent des gestes de famille, la dernière se réserve aux grandes occasions. Toutes demandent la même chose au départ, une fibre préparée, et c'est le travail des six étapes du Rituel Texture®, réunies dans notre tutoriel pas à pas.
Ce que l'on cherche à corriger
Le rétrécissement n'est pas un défaut de la fibre, c'est sa géométrie. Un cheveu crépu sort du cuir chevelu par un follicule incurvé et se replie sur lui-même à intervalles très rapprochés. Mouillé, il pend sous son propre poids ; sec, il reprend sa forme, et la longueur visible peut représenter moins de la moitié de la longueur réelle. Rien ne se casse, rien ne se perd : un cheveu qui rétrécit beaucoup n'est pas un cheveu qui ne pousse pas. Mais ce repli multiplie les points de frottement et les nœuds, et c'est là que l'étirement cesse d'être une affaire d'apparence : une chevelure tendue se démêle mieux, se coupe plus juste, s'emmêle moins la nuit.
Préparer la fibre

Une fibre sèche ne s'étire pas, elle cède. Une fibre emmêlée casse dès qu'on tire dessus. Quel que soit le choix de la méthode, tout se joue sur l'état des cheveux au départ, et cet état se construit pendant la routine complète.
Le démêlage commence à sec, aux doigts : c'est le démêlage au doigt tchadien, première étape du Rituel Texture®. On travaille en six sections au minimum, huit sur une chevelure très dense, on maintient la racine d'une main et on lisse la mèche au pouce de l'autre. Contrairement à ce que l'on lit souvent, ce n'est pas le cheveu sec qui casse : c'est le peigne que l'on force dans une fibre nue, qu'aucun produit ne fait glisser. Le Peigne de Man Dol', taillé dans de la corne de buffle issue de la filière alimentaire, revalorisée et travaillée à la main au Vietnam, intervient plus tard, une fois les longueurs gainées de masque, quand la fibre glisse.
Vient enfin La Crème Coiffante, sur cheveux encore humides. C'est elle qui rend la mèche souple et manipulable, et c'est cette souplesse, pas la force du geste, qui donne la longueur gagnée.
Méthode 1L'étirement au sèche-cheveux
C'est la méthode de la maison, et elle n'est pas un pis-aller. L'étirement se joue ici pendant l'étape 05 du Rituel Texture®, le séchage protecteur : La Crème Coiffante posée sur des longueurs essorées, puis un sèche-cheveux nu, petites mèches, souffle court et franc qui ne s'installe jamais au même endroit. Nous avons décrit ce séchage pas à pas dans un autre article. Ce qui nous occupe ici, c'est la variante qui allonge.
Elle tient en une seule décision, prise à la fin de chaque mèche. Dans un séchage ordinaire, on relâche la pointe et on la laisse se replier sur elle-même. Pour étirer, on la garde tendue jusqu'au bout, on remonte vers la racine par petits à-coups, et l'on ne lâche qu'une fois la mèche sèche sur toute sa hauteur. Le reste ne change pas, à commencer par la largeur des sections : une mèche trop épaisse garde de l'eau en son cœur, et une mèche qui garde de l'eau oblige à revenir dessus.
Longtemps, le brushing a été décrit comme le geste à éviter absolument sur cheveux crépus. Nous ne partageons pas cette lecture. Ce qui coûte de la longueur, c'est la brosse qui tire pendant que la chaleur passe, et la fibre laissée nue sous l'appareil. Menée dans les conditions décrites plus haut, la chaleur tend le cheveu sans se payer dessus, et c'est tout le sens du mot protecteur.
Chez ma grand-mère, on étirait sans sèche-cheveux : des bantu knots serrés sur eux-mêmes, jamais au cuir chevelu, gardés jusqu'au lendemain. Au salon, j'étire au sèche-cheveux, par petits à-coups, la pointe tenue entre le pouce et l'index. Ce sont deux façons d'obtenir la même chose, tendre le cheveu sans l'arracher.
Ghana Elin, fondatriceUne précision, parce que la question revient à chaque formation : l'embout diffuseur n'est pas l'outil de cette méthode. Il a été dessiné pour respecter une boucle déjà formée, et il ne rend service que dans de rares cas sur une texture crépue.
Méthode 2Les vanilles et les bantu knots

Deux mèches torsadées l'une autour de l'autre, ou une mèche enroulée sur elle-même jusqu'à former un petit nœud : le principe est le même, et il ne demande aucune chaleur. On pose la coiffure sur cheveux humides, juste après La Crème Coiffante, on laisse sécher entièrement, et l'on défait. L'étirement obtenu est modéré, mais le motif reste net.
Deux détails décident du résultat. Le premier : la tension se met sur la mèche, jamais au cuir chevelu. Une vanille serrée à la racine tire sur le follicule toute la nuit, et la traction répétée sur la ligne frontale est le mécanisme reconnu de l'alopécie de traction, documenté chez les femmes et les jeunes filles qui portent régulièrement tresses et nattes collées (Khumalo et coll., Journal of the American Academy of Dermatology, 2008). Le second : on ne défait jamais sur cheveux encore humides, sous peine d'obtenir exactement le frisottis que l'on voulait éviter.
Une coiffure d'étirement qui tire encore une heure après avoir été posée est trop serrée. Ce n'est pas le prix d'une belle tenue, c'est un signal.
Pour défaire, on déroule sans tirer, puis on sépare chaque vanille en deux ou trois, pas davantage : c'est là que le volume se gagne ou se perd. Notre pas à pas pour réussir ses vanilles reprend le geste.
Méthode 3Les tresses au fil
C'est la méthode qui donne le plus de longueur visible, sans chaleur non plus. Sur cheveux humides et enduits de crème, on sépare en sections, on amorce une base souple sans serrer le cuir chevelu, puis on enroule chaque section de fil à tisser jusqu'aux pointes. Toute la mèche doit être couverte : une pointe laissée libre séchera rétractée et annulera le travail du reste.
On garde les fils le temps du séchage complet, souvent une nuit, sous un foulard en soie. Au réveil, on retire le fil en déroulant sans tirer, et l'on sépare les mèches aux doigts pour retrouver du volume à la racine. C'est le geste le plus patient des quatre, et celui qui rend le mieux sur une chevelure très dense. Le fil se repose d'ailleurs sur cheveux déjà secs, pour reprendre en milieu de semaine un étirement qui s'est affaissé.
Méthode 4Le fer à lisser
Il existe, des femmes l'utilisent, et l'ignorer ne rend service à personne. Nous ne pratiquons pas le lissage aux Ateliers Crépus, mais nous préférons informer plutôt que laisser chercher ailleurs. Le fer donne un résultat net et immédiat, et il présente un risque que les trois autres méthodes n'ont pas : le dommage thermique, la perte définitive du motif sur les mèches concernées. Aucun soin ne le répare, seule la coupe l'élimine, et ce risque se construit par accumulation.
Si tu y tiens pour un événement, trois précautions changent réellement les choses. Passer par un séchage protecteur complet, afin de n'avoir à repasser le fer qu'une seule fois sur chaque mèche. Appliquer La Crème Coiffante avant ce séchage : elle protège la fibre de la chaleur. Et s'en tenir à quelques fois par an, le fer restant une exception de soirée et non une méthode d'entretien.
Les gestes qui cassent en étirant
- Étirer une chevelure sèche ou mal démêlée.
- Serrer les vanilles, les nœuds ou le fil jusqu'à tirer sur les racines.
- Défaire une coiffure d'étirement avant séchage complet.
- Repasser le fer plusieurs fois sur la même mèche.
- Étirer pour cacher des pointes fourchues, qu'il faudrait couper.
Faire tenir l'étirement
Un étirement réussi le samedi et défait le dimanche matin n'a servi à rien, et c'est l'oreiller qui décide. Le soir, on défait la coiffure du jour, on redonne un peu de Crème Coiffante là où la mèche est la plus ancienne, on refait six nattes serrées sur elles-mêmes mais jamais à la racine, et l'on noue par-dessus un foulard en soie, l'oreiller étant lui aussi habillé de soie. Le coton absorbe l'eau que la fibre contient ; le bonnet, lui, remonte et laisse la ligne frontale à découvert. Le foulard tient mieux.
Ce qu'il ne faut pas faire, en revanche, c'est vaporiser de l'eau pour rafraîchir la coiffure : mouiller ses cheveux tous les jours rend la fibre poreuse à la longue, et un étirement remouillé est un étirement perdu. Nos coiffures de nuit détaillent la protection du soir.
Laquelle choisir
Le choix dépend moins de tes cheveux que de ce que tu veux en faire ce jour-là. Pour un résultat net, prêt à être coiffé ou coupé, c'est le séchage au sèche-cheveux, qui s'inscrit dans le Rituel Texture® au lieu de s'y ajouter. Pour un étirement maximal sans chaleur, les tresses au fil, si tu as la soirée devant toi. Pour aller vite le dimanche soir et retrouver du volume au réveil, les vanilles ou les bantu knots. Le fer, lui, reste l'exception d'un soir.
Une dernière chose : l'étirement n'est pas une obligation. Il sert une coupe, un rendez-vous, ou le confort d'une semaine sans nœuds, et notre article sur la rétention de longueur le replace dans la durée. Une chevelure au repos, dans son motif, n'a rien à corriger.
Questions fréquentes
Étirer abîme-t-il les cheveux crépus ?
Combien de temps tient un étirement ?
Qu'appelle-t-on un dommage thermique ?
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Sources
- Khumalo N. P. et coll., « Determinants of marginal traction alopecia in African girls and women », Journal of the American Academy of Dermatology, 2008.