Quel est mon type de cheveux crépus : 4A, 4B ou 4C

Gros plan sur la texture de cheveux crépus tenus entre les doigts

On finit toutes par y passer : un test en ligne, trois photos à comparer, et un verdict en deux caractères. 4C. Vient ensuite le moment étrange où l'on cherche ce que ce code est censé autoriser, et où l'on trouve surtout des listes de produits. La question qui manque est pourtant la première : que suis-je censée faire de cette information ?

Elle mérite une réponse honnête. La classification en types est un repère utile pour se parler, elle n'est pas un diagnostic et elle ne détermine pas une routine. Voici d'où elle vient, comment reconnaître les trois motifs du type 4, pourquoi vous en portez très probablement plusieurs, et les deux critères qui décident réellement de ce que vos cheveux réclament. Pour la méthode elle-même, identique d'une texture à l'autre, notre guide gratuit détaille les six étapes du Rituel Texture®.

Personne, dans mon enfance en Guadeloupe, n'aurait su dire de quel type étaient ses cheveux. Les codes n'existaient pas, et les femmes qui nous coiffaient n'en avaient pas besoin : elles regardaient, elles touchaient, elles ajustaient. Au salon, je ne demande toujours pas son type à une cliente. Je lui demande de me raconter son histoire capillaire, et c'est cette réponse-là qui m'apprend quelque chose.

Ghana Elin, fondatrice
3sous-catégories dans le type 4 : 4A, 4B et 4C
3zones à observer sur une même tête : nuque, tempes, sommet
2critères qui pèsent plus lourd que le type : porosité et densité

OrigineD'où vient l'échelle 4A, 4B, 4C

L'échelle qui va de 1A à 4C a été proposée par le coiffeur américain Andre Walker dans les années 1990. Elle classe les chevelures selon le resserrement de la boucle : lisse en type 1, ondulé en type 2, frisé en type 3, crépu en type 4, chaque type étant divisé en trois sous-catégories notées A, B et C. Son succès tient à un vrai service rendu. Avant elle, des millions de femmes n'avaient aucun mot pour décrire ce qu'elles avaient sur la tête, sinon des adjectifs empruntés à la texture des autres.

Sa faiblesse tient à sa construction. C'est une échelle visuelle, établie à l'œil, et elle place le motif le plus serré en dernière position de la dernière catégorie. Rien ne justifie cet ordre : il aurait pu commencer par le 4C. Cette position finale a pourtant fabriqué une hiérarchie que personne n'avait décidée, dans laquelle la texture la plus crépue devient implicitement la plus « difficile ».

Ce n'est d'ailleurs pas la seule façon de classer une chevelure. La dermatologie a proposé une méthode fondée sur des mesures et non sur l'œil, appliquée à des populations du monde entier, qui décrit les formes de cheveux sans les ordonner (Loussouarn et coll., International Journal of Dermatology, 2007). Retenez simplement ceci : la grille que vous utilisez est une convention, pas une loi de la nature.

RepèresReconnaître les trois motifs

Gros plan sur une chevelure crépue de type 4 vue de près
Le motif ne se lit qu'en isolant une mèche. À distance, les trois textures se ressemblent.

Les trois sous-catégories décrivent la même chose vue à trois degrés de resserrement. Le 4A dessine de petites boucles en S, visibles à l'œil nu sans qu'on ait à chercher ; c'est la plus souple des trois, et celle qui se définit le plus facilement. Le 4B forme un zigzag aux angles marqués plutôt qu'une spirale, avec un rétrécissement important et des points de rupture aux endroits où la fibre se plie. Le 4C enroule si serré que le motif devient difficile à distinguer, même de près, et donne à la chevelure son aspect de nuage dense.

Un détail contre-intuitif change la façon de doser les produits : une chevelure 4C est très souvent composée de cheveux fins. C'est le nombre de cheveux au centimètre carré, la densité, qui produit l'impression d'épaisseur. La traiter comme une matière épaisse conduit à l'alourdir avec des beurres dont elle n'a pas besoin.

Motif Ce que vous voyez sur une mèche isolée Le point de vigilance
4A De petites boucles en S, lisibles sans effort La définition tient bien, mais les longueurs sèchent quand même
4B Un zigzag anguleux, la fibre change de direction net La casse se concentre aux angles, d'où un démêlage très lent
4C Un enroulement si serré que le motif se devine à peine Cheveux souvent fins sous une forte densité : doser léger

Quant à la frontière avec le type 3, elle tient à une seule chose, le resserrement de la boucle, et elle est plus floue qu'il n'y paraît. Nous l'avons traitée à part, dans cheveux crépus ou cheveux frisés, avec ce que cette différence de forme change au quotidien.

MéthodeObserver sa texture sans se tromper

La plupart des femmes se trompent de type parce qu'elles observent au mauvais moment. Un cheveu enduit de crème s'allonge, un cheveu chargé de gel se resserre, un cheveu mouillé ne montre pas son motif au repos. La seule observation qui ne ment pas se fait sur une mèche propre, séchée à l'air libre, sans le moindre produit.

Isolez cette mèche, regardez-la de près et de profil, puis notez ce que vous voyez. Recommencez à la nuque, à la tempe et au sommet du crâne : c'est ce comparatif qui vous apprendra le plus, bien plus que le code lui-même. Il y a un cas où l'exercice ne donne rien de fiable, celui d'une fibre abîmée. Des longueurs décolorées, anciennement défrisées ou très cassées ont perdu une partie de leur motif. Dans ce cas, seule la repousse, sur les premiers centimètres, indique la texture réelle.

Cette forme se décide d'ailleurs bien avant que le cheveu ne soit visible. Elle est programmée dans le bulbe, sous la peau, et dépend de la géométrie du follicule (Thibaut et coll., British Journal of Dermatology, 2005). Aucun soin appliqué sur la longueur ne la modifie : un produit peut allonger ou resserrer l'apparence d'une boucle, jamais changer le cheveu qui sortira demain.

RéalitéUne même tête porte plusieurs textures

Plusieurs textures de cheveux crépus cohabitant sur une même chevelure
Nuque, tempes et sommet du crâne donnent rarement le même motif : c'est la norme, pas une anomalie.

C'est la règle bien plus que l'exception. La nuque est fréquemment plus serrée, les tempes plus fines et plus fragiles, le sommet du crâne plus souple. Trois motifs différents sur une même tête ne signalent aucun problème, aucun déséquilibre, aucune carence. C'est aussi la raison pour laquelle un test en ligne donne un résultat différent selon la photo qu'on lui soumet.

Chercher à se ranger dans une case unique n'a donc pas grand intérêt. Ce qui en a, c'est de repérer les zones les plus fragiles pour les traiter autrement : sections plus petites, démêlage plus lent, moins de tension à la pose d'une coiffure, davantage de produit là où la fibre boit plus vite. Une chevelure se traite par zones, et c'est vrai quel que soit le code qu'on lui attribue.

MalentenduLe rétrécissement n'est pas un défaut

Le rétrécissement, que l'on appelle aussi shrinkage, décourage plus que tout le reste : on sort de la douche avec des longueurs qui tombent dans le dos et l'on se retrouve, deux heures plus tard, avec une chevelure qui semble avoir perdu la moitié de sa taille. Beaucoup en concluent que leurs cheveux ne poussent pas, alors que la longueur est là, simplement repliée sur elle-même.

Or c'est un signe favorable. Une fibre qui se rétracte en séchant est une fibre élastique, capable de reprendre sa forme après avoir été tendue. Une chevelure qui ne se rétracte plus a le plus souvent subi un dommage thermique ou chimique qui a cassé cette élasticité. Le rétrécissement le plus marqué se rencontre logiquement sur les motifs les plus serrés, sans qu'il faille y voir une gradation de la qualité.

Si vous voulez connaître votre longueur réelle, étirez une mèche mouillée le long d'une règle plutôt que de vous fier au miroir. Et pour les jours où vous préférez la voir, nos méthodes d'étirement détaillent comment y parvenir sans abîmer la fibre.

L'essentielCe que le type ne vous dit pas

Voici la limite qui compte, et celle dont on parle le moins. Savoir que vous êtes 4B ne dit rien de ce dont vos cheveux ont besoin, parce que le motif décrit une forme et que les besoins dépendent d'un comportement. Deux critères pèsent nettement plus lourd.

Le premier est la porosité, c'est-à-dire la vitesse à laquelle la fibre absorbe l'eau et la relâche. C'est elle qui décide de la richesse des soins et de la fréquence à laquelle il faut les renouveler. Deux femmes classées 4C, l'une en porosité faible, l'autre en porosité élevée, n'ont pas du tout la même routine, alors qu'elles portent le même code. Notre article sur la porosité explique comment la repérer chez soi.

Le second est la densité, associée à l'épaisseur de chaque cheveu. Ce couple décide des quantités de produit et de la taille des sections de travail : une chevelure dense et fine demande beaucoup de sections et peu de matière, une chevelure moins dense et épaisse l'inverse exactement. C'est très concrètement ce qui change d'une femme à l'autre au moment du maintien de l'hydratation.

Le Rituel Texture®, lui, ne change pas d'une texture à l'autre. Les six étapes se suivent dans le même ordre, au même rythme de sept à dix jours, du démêlage au doigt tchadien sur cheveux secs jusqu'à la dernière application de La Crème Coiffante. Ce qui s'ajuste, ce sont les quantités et le temps passé, pas la séquence. C'est précisément parce que la méthode est stable qu'il n'est pas nécessaire de connaître son code pour commencer.

Les pièges de la classification

  • Choisir ses produits sur le seul code 4A, 4B ou 4C, sans regarder la porosité.
  • Juger sa texture sur cheveux mouillés, ou encore chargés de crème ou de gel.
  • Voir le 4C comme une texture plus difficile par nature, alors que c'est l'entretien qui décide.
  • Appliquer le même geste partout en ignorant les zones plus fragiles, nuque et tempes en tête.
  • Lire un code obtenu sur des longueurs décolorées ou anciennement défrisées.

Vous connaissez votre code, mais pas vos besoins ?

Nos expertes regardent avec vous ce que la classification ne dit pas : porosité, densité, zones fragiles, et ce que cela change dans votre routine.

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Questions fréquentes

Comment déterminer mon type de cheveux ?
Sur une mèche propre, séchée à l'air libre et sans aucun produit. Un S visible oriente vers le 4A, un zigzag anguleux vers le 4B, un enroulement très serré et difficile à distinguer vers le 4C. Faites l'observation à trois endroits au moins, le résultat sera rarement identique.
Peut-on avoir plusieurs types sur la même tête ?
Oui, et c'est le cas le plus courant. La nuque, les tempes et le sommet du crâne présentent souvent trois motifs différents. On adapte alors la taille des sections et la quantité de produit zone par zone, sans changer de méthode.
Mon type de cheveux peut-il changer ?
Oui. La forme du cheveu se décide dans le bulbe, et l'activité de ce bulbe évolue avec l'âge, une grossesse, des changements hormonaux ou certains traitements. Une fibre abîmée perd aussi une partie de son motif, ce qui n'est pas un changement de texture mais un dommage.
Le 4C est-il plus difficile à entretenir ?
Il demande plus de douceur au démêlage et plus de patience au sectionnement, parce que la fibre s'enroule davantage. Mais un 4C bien entretenu est plus souple qu'un 4A négligé : c'est la routine qui décide, pas le code.
Faut-il des produits différents selon le type ?
Non. Les mêmes soins conviennent aux trois motifs du type 4. Ce qui s'ajuste est la quantité, la taille des sections et le temps passé, et cet ajustement dépend de la porosité et de la densité bien plus que du code.

Aller plus loin

Sources

  • Loussouarn G. et coll., « Worldwide diversity of hair curliness: a new method of assessment », International Journal of Dermatology, 2007.
  • Thibaut S. et coll., « Human hair shape is programmed from the bulb », British Journal of Dermatology, 2005.
Gros plan sur la texture de cheveux crépus tenus entre les doigts

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