Porosité des cheveux crépus : le test du verre d'eau ne prouve presque rien

Porosité cheveux crépus

Un cheveu tombé, un verre d'eau : s'il flotte, ta porosité est faible, s'il coule, elle est forte. Le test circule depuis des années, il est simple, gratuit, et ne prouve à peu près rien.

La porosité, elle, existe bel et bien, et elle explique pourquoi deux femmes qui suivent la même routine n'obtiennent pas le même résultat. Encore faut-il savoir ce qu'elle mesure, comment l'observer sans matériel, et surtout ce qu'elle change vraiment dans les gestes du quotidien. La séquence complète, elle, ne bouge pas : nos six étapes sont détaillées dans le tutoriel pas à pas.

3niveaux de porosité : faible, moyenne, élevée
2observations suffisent à se situer, sans matériel
10 minde pose pour Le Masque Réparateur, quelle que soit la porosité

Ce que la porosité mesure

Mèche de cheveux crépus et peigne posés pour observer la porosité
La porosité ne se mesure pas chez soi. Elle s'observe, à deux ou trois signes concordants.

Tout se joue à la surface du cheveu. La fibre est recouverte d'écailles plates qui se chevauchent comme les tuiles d'un toit, et cette couche externe est la vraie barrière : c'est elle qui décide de la vitesse à laquelle l'eau entre dans le cheveu, et de celle à laquelle elle en ressort (Wolfram, Journal of the American Academy of Dermatology, 2003). La porosité n'est rien d'autre que l'état de ce toit.

Quand les écailles sont bien plaquées, l'eau met du temps à passer, mais une fois à l'intérieur elle reste longtemps : c'est la porosité faible. Quand elles s'ouvrent et se referment normalement, l'eau entre et tient : c'est la porosité moyenne, la situation la plus confortable. Quand elles sont relevées ou abîmées, la fibre boit tout en quelques secondes et se vide presque aussi vite : c'est la porosité élevée.

Un point que les grilles de classement oublient souvent : une même tête porte fréquemment deux porosités. Des racines récentes, encore intactes, et des pointes sorties depuis plusieurs années, éprouvées par la chaleur et les manipulations. Tu traites alors deux matières à la fois, ce qui explique bien des résultats en demi-teinte.

Pourquoi le verre d'eau ne prouve rien

Le test est séduisant parce qu'il donne une réponse immédiate. Il pose pourtant trois problèmes. Un cheveu qui a reçu de la crème, de l'huile ou du gel flotte pour des raisons qui n'ont rien à voir avec ses écailles. La tension de surface de l'eau retient un cheveu fin pendant plusieurs minutes, quelle que soit sa porosité. Enfin, le cheveu que tu prélèves est une fibre, pas une chevelure, et il ne dit rien des autres.

Le résultat est qu'une même personne obtient des verdicts contradictoires d'un jour à l'autre, et bâtit sa routine sur un chiffre qui ne veut rien dire. Mieux vaut deux observations faites sur plusieurs lavages qu'un test spectaculaire fait une fois.

En pratiqueDeux observations qui valent mieux

La première se fait au moment où tu mouilles tes cheveux. Regarde comment l'eau pénètre : sur une porosité faible, elle glisse et met un temps étonnant à traverser la masse, au point qu'il faut insister pour que les longueurs soient réellement mouillées. Sur une porosité élevée, tout est trempé en quelques secondes.

La seconde se fait après. Chronomètre, sans précision, combien de temps tes cheveux mettent à sécher à l'air libre, sans produit. Des heures, et souvent une demi-journée, signalent une porosité faible. Une heure à peine, une porosité élevée. Fais cette observation deux ou trois fois, sur des lavages différents, avant d'en tirer une conclusion.

Une troisième information arrive gratuitement, à l'usage : la façon dont tes cheveux se comportent avec un soin. Une crème qui reste en film brillant en surface va vers la porosité faible. Une chevelure qui boit tout et redevient sèche le soir va vers la porosité élevée. Si le doute persiste, un professionnel tranche en quelques minutes lors d'un diagnostic capillaire.

Ce qu'elle change, et ce qu'elle ne change pas

Voici le point sur lequel la plupart des guides égarent leurs lectrices. La porosité ne change ni les étapes du Rituel Texture®, ni leur ordre, ni le rythme de sept à dix jours. Elle ne change pas davantage le temps de pose du Masque Réparateur : dix minutes, sous une charlotte si tu en as une, quelle que soit ta fibre.

Le réglage fin du temps de pose selon la porosité existe, mais c'est une technique de salon, que nous réservons aux coiffeurs formés à notre méthode. Elle suppose une évaluation faite sur cheveux propres, en main, et une source de chaleur maîtrisée. Transposée à la maison sur la foi d'un test de verre d'eau, elle produit surtout des masques laissés trop longtemps, ce qui n'apporte rien de plus à la fibre.

Ce que la porosité change, en revanche, tient en deux mots : la texture des produits et la quantité que tu en mets. C'est peu, et c'est assez pour faire la différence entre une routine qui fonctionne et une routine qui déçoit.

Niveau 1Porosité faible : faire entrer avant de retenir

Ici, la difficulté n'est pas de garder l'eau, c'est de la faire entrer. Tout ce qui est riche a tendance à rester posé dessus, à alourdir la mèche et à donner cette sensation de cheveu enduit qui ne bouge pas.

Trois réflexes suffisent. Applique tes soins sur des cheveux vraiment trempés, pas simplement humides : plus la fibre est gorgée d'eau, plus la crème a quelque chose à retenir. Choisis des textures légères, et pose-les en petites quantités, quitte à repasser une seconde fois sur les pointes. Enfin, ne saute jamais le nettoyage clarifiant doux qui ouvre la routine complète : sur une fibre qui laisse déjà peu passer, le moindre film de résidus ferme la porte pour de bon.

Les fausses bonnes idées en porosité faible

  • Le bicarbonate de soude, trop alcalin : il soulève brutalement les écailles au lieu de les entrouvrir.
  • Les beurres épais et l'huile de coco en couche, qui restent en surface et rigidifient la mèche.
  • Superposer les produits pour forcer l'hydratation : on obtient un film, pas une fibre hydratée.
  • Prolonger le temps de pose du masque pour compenser : au-delà de dix minutes, la fibre ne prend rien de plus.

Niveau 2Porosité élevée : ralentir la sortie

Femme aux cheveux crépus qui tamponne ses longueurs avec un tissu en microfibre
Le temps de séchage à l'air libre est l'indice le plus fiable dont tu disposais chez toi.

La situation est inverse, et elle est plus fréquente sur des cheveux qui ont connu la coloration, le défrisage ou des années de fer. L'eau entre sans résistance ; tout se joue sur le temps qu'elle reste.

La réponse tient d'abord dans la texture : une crème plus riche, appliquée généreusement sur cheveux humides et massée dans la longueur. La Crème Coiffante aide à maintenir l'hydratation apportée au lavage, et c'est elle qui tient ce rôle, non une huile ou un beurre posés par-dessus. La méthode dite LOC, qui empilait les couches grasses, alourdissait la fibre sans rien retenir de plus.

Je ne recommande pas de remouiller la tête tous les jours, et c'est encore plus vrai sur une chevelure poreuse. Au salon, j'observe que les cheveux mouillés chaque matin deviennent plus poreux avec le temps, comme si la fibre s'usait à gonfler et à sécher sans arrêt.

Ghana Elin, fondatrice

La nuit compte double sur une porosité élevée. Une taie d'oreiller en coton pompe l'eau que tu viens d'apporter, et tu repars chaque matin avec un peu moins que la veille : les longueurs rangées, un foulard en soie et une taie en soie changent la donne en quelques jours. Le reste tient à la façon de faire durer l'hydratation entre deux lavages, que nous détaillons dans hydrater et faire tenir l'eau.

Ce qui la fait monter

La porosité évolue, et presque toujours dans le même sens. Trois causes reviennent : les traitements chimiques, coloration et défrisage en tête, qui ouvrent durablement la cuticule ; la chaleur appliquée sur une fibre nue, appareil immobile sur une mèche sèche ; et les manipulations répétées, démêlage forcé compris.

Le séchage, lui, n'est pas en cause tant qu'il est protégé : La Crème Coiffante posée avant l'appareil, de petites mèches, l'appareil toujours en mouvement. Ce n'est pas la chaleur qui abîme, c'est la chaleur immobile sur un cheveu sans rien dessus. Entre deux routines, l'air libre convient très bien.

Une porosité installée ne redescend pas : les soins l'atténuent, seule la coupe retire les portions les plus abîmées. Ce qui reste à ta main, c'est de ne pas l'aggraver.

Tu hésites encore sur ta porosité ?

Nos expertes l'évaluent avec toi en ligne, à partir de ce que font réellement tes cheveux au lavage, et ajustent les textures en conséquence.

Réserver une consultation

Questions fréquentes

Faut-il adapter le temps de pose du masque à sa porosité ?
Pas chez toi. Le Masque Réparateur pose dix minutes, sous une charlotte si possible, quelle que soit la porosité. Le réglage fin selon la fibre est une technique de salon, que nous réservons aux coiffeurs formés à notre méthode.
Le test du verre d'eau est-il fiable ?
Non. Le résultat dépend surtout des résidus de produit portés par le cheveu et de la tension de surface de l'eau. La façon dont l'eau pénètre au lavage et le temps de séchage à l'air libre sont des indices bien plus solides, à condition de les observer sur plusieurs lavages.
Peut-on avoir deux porosités différentes sur la même tête ?
C'est même le cas le plus courant. Les racines, récentes, sont souvent moins poreuses que les pointes, sorties depuis des années. Applique alors la texture la plus légère sur l'ensemble et réserve la seconde couche aux longueurs et aux pointes.
L'huile de coco convient-elle à toutes les porosités ?
Non. En porosité faible, elle reste en surface et rigidifie la mèche. Ailleurs, elle peut compléter en très petite quantité sur les pointes, entre deux routines, mais elle ne remplace jamais une crème : un corps gras ne contient pas d'eau.
La porosité peut-elle redescendre ?
Une fibre ouverte ne se referme pas durablement. Les soins lissent la surface et améliorent le confort, mais seule la coupe retire les portions les plus abîmées. L'essentiel est donc d'arrêter ce qui l'augmente : chaleur sur cheveux nus, traitements chimiques, manipulations forcées.

Aller plus loin

Sources

  • Wolfram L. J., « Human hair: a unique physicochemical composite », Journal of the American Academy of Dermatology, 2003, vol. 48, n° 6 (supplément), p. S106-S114.