Le nom est une promesse : on lave et on part. Un samedi matin, ça ressemble plutôt à ça : tu sors de la douche, tu appliques ta crème, tu te dis que la boucle va se dessiner toute seule.
Ce n'est pas un problème de produit, et ce n'est pas non plus un manque de technique. Le wash and go a été pensé pour des textures qui bouclent d'elles-mêmes, et il se comporte autrement sur des cheveux crépus. Il reste faisable, il donne de beaux résultats, mais il demande du temps et une matière préparée. C'est ce travail de préparation que notre tutoriel pas à pas détaille, à travers les six étapes du Rituel Texture®.
Je n'ai rien contre le wash and go, et je comprends qu'on en ait envie. Mais sur un cheveu crépu, il porte assez mal son nom. Ce n'est presque jamais « laver et partir » : on travaille mèche par mèche, et la première fois, on y passe la matinée.
Ghana Elin, fondatriceCe que le wash and go fait, et ne fait pas

La méthode tient en peu de choses. On lave, on applique un produit coiffant sur cheveux encore ruisselants, et on laisse sécher sans plus y toucher. Aucune natte, aucun twist, aucun bigoudi : la forme finale est celle que la fibre prend d'elle-même en séchant. C'est ce qui explique sa popularité, et aussi les déceptions.
Car sur cheveux crépus, la boucle qui se forme n'est pas une spirale longue et souple. C'est une frisure serrée, qui se resserre encore en séchant. Le rétrécissement fait partie du résultat, il n'est pas un raté : une chevelure qui descend aux épaules mouillée peut remonter très haut une fois sèche. Un wash and go réussi n'allonge pas, il rend visible ce que la texture fait naturellement, en plus net et en plus régulier.
Il faut le dire clairement, parce que beaucoup de femmes jugent leur résultat à l'aune de photos prises sur des textures bouclées, et concluent qu'elles s'y sont mal prises. La comparaison est faussée dès le départ.
Pourquoi il est long sur cheveux crépus
Une texture qui boucle spontanément se contente d'une répartition rapide du produit : la mèche se regroupe seule. Une texture crépue, elle, ne se regroupe pas. Chaque mèche part dans sa direction, et si le produit n'est pas déposé mèche par mèche, il reste des zones floues, des paquets et des racines que rien ne dessine.
D'où la contradiction du nom. Sur cheveux crépus, on ne lave pas pour partir : on lave, puis on s'installe, et on travaille par petites sections, des pointes vers les racines, en reprenant chaque mèche entre les doigts. La première fois, compte une matinée. Ensuite, on gagne du temps parce qu'on connaît sa propre densité et l'ordre dans lequel on avance, mais cela reste un coiffage long.
Autant le savoir avant de commencer : un wash and go entrepris à la va-vite un soir de semaine échoue presque toujours, et l'on en conclut à tort qu'il ne fonctionne pas sur soi.
La matière compte plus que le produit
C'est la partie que l'on saute, et c'est celle qui décide du résultat. Une fibre sèche, chargée de résidus ou emmêlée ne se définit pas, quel que soit le coiffant appliqué par-dessus. Un cheveu souple et propre, lui, se définit presque tout seul. Le Rituel Texture® s'en charge, tous les sept à dix jours, et le wash and go se place à sa sortie, comme un coiffage parmi d'autres.
Deux points de cette préparation comptent plus que les autres pour une définition. Le premier est le démêlage, qui commence aux doigts et sur cheveux secs : ce qui casse, ce n'est pas le démêlage à sec, c'est le peigne passé sur des cheveux secs et sans produit. Une mèche encore nouée ne se dessinera pas, elle fera un paquet. Le second est le nettoyage : la Détox Hydratante, clarifiant doux puis Le Shampoing Réparateur, retire le film des semaines précédentes, et c'est ce film qui empêche le plus souvent la boucle de se former.
C'est à la sortie de cette séquence, sur cheveux encore trempés, que le coiffant se dépose. La Crème Coiffante s'applique section par section, réchauffée entre les paumes, puis répartie mèche à mèche. Elle aide à maintenir l'hydratation apportée au lavage : il n'y a pas d'étape de scellage à l'huile ou au beurre par-dessus, contrairement à ce que l'on lit souvent. Une goutte d'huile légère peut venir en complément sur les pointes, entre deux routines, si elles tirent. Rien de plus, sous peine d'alourdir exactement ce que tu cherchais à alléger.
Sur une chevelure dense, mieux vaut deux passages légers qu'une couche épaisse posée en une fois : le produit atteint alors vraiment l'intérieur de la mèche.
Le moment du séchage

Entre deux routines, le séchage à l'air libre convient très bien, et c'est le plus cohérent avec un wash and go. La consigne tient en une phrase : une fois le produit posé, on ne touche plus. Chaque passage de main, chaque vérification, chaque remise en place défait une mèche en train de prendre forme, et ce sont ces gestes répétés qui produisent le flou et les frisottis que l'on attribue ensuite au produit.
Le diffuseur revient souvent dans les conseils que l'on trouve en ligne. Sur cheveux crépus, il ne convient que dans de rares cas, et nous ne le présentons pas comme l'outil de référence. Quant au séchage protecteur du Rituel Texture®, au sèche-cheveux et par petites mèches après application de La Crème Coiffante, il sert un autre objectif : il étire la matière. Il est excellent, mais il n'est pas compatible avec une définition, puisqu'il défait précisément ce que le wash and go cherche à obtenir.
Autrement dit, il faut choisir en fonction de l'effet voulu, et non appliquer les deux à la suite.
Ce qui fait rater un wash and go
Quatre causes reviennent, et elles se corrigent toutes sans acheter quoi que ce soit.
Les quatre causes d'échec
- Appliquer sur cheveux essorés. Le coiffant a besoin d'eau à retenir. Sur des cheveux déjà ressuyés, la boucle ne se forme pas, et c'est de loin la cause la plus fréquente.
- Travailler trop vite. Une répartition globale du produit, à pleines mains, laisse des zones sans définition. C'est mèche par mèche, ou rien.
- Toucher pendant le séchage. Le geste paraît anodin, il ne l'est pas : il casse la mèche au moment exact où elle se fige.
- Empiler les produits. Un coiffant, éventuellement un gel par-dessus, et c'est tout. Les couches successives finissent en film qui alourdit et se voit.
Si malgré cela la définition reste inégale d'une zone à l'autre, regarde du côté de la préparation plutôt que du coiffage : une accumulation de produits sur les semaines précédentes suffit à empêcher la fibre de se dessiner.
Plopping, scrunching, finger coiling
Ces trois techniques circulent partout, et elles n'ont pas le même statut chez nous.
Le plopping, qui consiste à envelopper les cheveux mouillés dans un tissu pour les laisser sécher repliés sur eux-mêmes, et le scrunching, ce froissement de la mèche dans le creux de la main, sont faits pour les cheveux bouclés. Ils s'appuient sur une boucle déjà formée, qu'il s'agit de soutenir pendant qu'elle sèche. Sur cheveux crépus, il n'y a pas cette boucle préexistante à soutenir, et le résultat est le plus souvent une masse tassée sans définition supplémentaire.
Le finger coiling, qui consiste à enrouler chaque mèche autour du doigt, donne quelque chose sur cheveux crépus, mais le rendu paraît souvent un peu tassé, et le temps passé est considérable.
Pour définir des cheveux crépus, notre réponse est une méthode distincte du Rituel Texture®, le Rituel Définition®, qui se pratique aujourd'hui au salon auprès de coiffeurs formés. Son déroulé n'est pas encore arrêté et nous préférons n'en rien publier tant qu'il ne l'est pas : un geste mal transmis fait plus de dégâts qu'un conseil absent.
Les jours suivants
Un wash and go tient quelques jours, rarement davantage, et ce sont les nuits qui décident. Un foulard en soie ou en satin, avec une taie d'oreiller en soie, limite le frottement contre l'oreiller et suffit à faire la différence entre deux et quatre jours de définition. Nos coiffures de nuit détaillent les options selon la longueur.
Le matin, résiste à l'envie de remouiller. C'est ici que se joue l'essentiel : vaporiser de l'eau chaque jour, seule ou mélangée à de l'huile, fait entrer puis sortir l'eau de la fibre plusieurs fois par semaine, et cette alternance finit par la rendre plus poreuse. Mieux vaut une routine complète tous les sept à dix jours qu'un voile d'eau quotidien. Une pointe de Crème Coiffante réchauffée entre les mains, posée seulement là où la mèche s'est aplatie, suffit à remettre l'ensemble en place.
Quand la définition ne revient plus, ne rallonge pas la coiffure d'un jour de plus à coups de produit : c'est le signe qu'il est temps de relaver, et la routine suivante repartira d'une base propre.
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